Matorif

"Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles"
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dimanche 15 juin 2008

Coupure pub

Une pub pour les magasins "surcouf" qui attire mon regard depuis quelques jours dans le métro parisien. J'hésite à la ranger dans la catégorie "crypto-gay" ou soooo représentative du geek de 2008 (auquel je m'identifie totalement...).

Ma seule question étant : lorsqu'on "s'équipe de l'essentiel", on peut avoir le mec avec ?


Parce que "passez sur les produits pour les découvrir" ça ressemble franchement à un appel au viol non ? :D

lundi 12 mai 2008

A contre-temps



Mon corps est ici. Mais mon esprit erre encore là bas... Alors que je marche dans Paris, je remarque une dissonance : moi. En ce lundi après-midi pourtant ensoleillé, les passants battent le pavé d'un tempo oscillant entre allegro et presto. Je souris en les observant. Je suis parfaitement conscient que dans quelques jours, j'aurais repris leur rythme. Ce déphasage momentané me plaît. J'y succombe avec un plaisir non dissimulé. J'ai volontairement revêtu ma parure de vacancier : tongs et pantacourt, comme un défi face à cette pression environnante.

Demain, la vie m'imposera son rythme au refrain tellement connu : métro-boulot-dodo. Mais aujourd'hui, mon esprit est encore sur ce lit suspendu au bord de la mer des caraïbes. Les chiens dorment à côté de moi. Je dois les observer plusieurs secondes avec attention afin de m'assurer qu'ils ne sont pas passés de vie à trépas. La chaleur est tellement harassante qu'ils peuvent passer des heures entières sans bouger, à l'ombre d'un palmier. Je me balance tranquillement en écoutant les vagues mourir sur le rivage. Je prends une poignée de sable et le laisse s'égrener. J'aime cette sensation de mouvement lent comme une caresse dans le creux de ma main. Paris, je t'aime, mais l'espace d'une journée, j'avance à contre-temps.

mardi 19 février 2008

Mes voisins et moi - le verdict !

Les résultats sont sans appel. A la question "si vous en aviez l'occasion coucheriez vous avec votre voisin ?" 42% des votants ont répondu par l'affirmative ("carrément un mec à dispo c'est pratique"), auxquels ils faut ajouter les adeptes du sexe vite fait bien fait et sauvage ("un p'tit coup rapide dans l'escalier alors") à hauteur de 23%. Je constate donc que parmi mes lecteurs les plus francs, 65% d'entre vous sont des queutards !! mais vous vous assumez au moins. Que dire des 28% de courageux mais pas téméraires qui répondent un laconique "why not" ? A quoi pensiez vous lorsque vous avez coché ce choix ? peut-être une pensée cochonne du genre : s'il m'attend nu sur le palier et qu'il me supplie de le prendre alors dans mon immense mansuétude je m'exécuterais ? Notons la présence d'un frigide pessimiste craignant que mon voisin soit un terroriste en puissance "jamais de la vie, il sait où j'habite".

Ancien étudiant en droit, attaché aux valeurs démocratiques, je m'en remets au choix de mon lectorat et exécuterait donc cette tâche que vous m'avez assignée (là en fait c'est le moment où vous sortez les mouchoirs en admirant mon abnégation, mon sens du devoir et du sacrifice - merci). Je m'avance même en classant ce post dans le libellé "j'ai testé pour vous". Je ne sais pas encore quand, mais je n'ai qu'une parole ! Et évidemment je vous tiendrai informé !

P.S. vous aurez peut être remarqué que le titre du post évoque "mes voisins". Ceci parce que j'envisage d'étendre mon étude à mon arrondissement. Je trouvais que mon immeuble constituait un terrain de jeu un peu limité...

jeudi 10 janvier 2008

La province

Rien ne m'énerve plus qu'un parisien qui parle de province. J'y perçois toujours une connotation péjorative. Un reste de mon passé de "provincial" : je ne supportais pas ces gens qui débarquaient en terrain conquis, malpoli, se croyant tout permis sous prétexte qu'ils venaient craquer leur thunes dans la cité balnéaire de mon sud-ouest natal. Leur côté hautain m'insupportait au plus haut point, en particulier lorsque j'ai travaillé comme saisonnier : Je me souviens encore de cette pétasse parisienne qui me demande un produit pour lentilles (j'ai bossé" chez un opticien...), je lui annonce le prix, et elle me dit que c'est plus cher qu'à Paris d'un ton particulièrement pédant et désagréable. Je ne réponds pas attendant qu'elle tende son billet... Mais elle croyait quoi cette connasse ? Si elle n'était pas contente elle pouvait retourner chez elle le chercher son produit à lentilles, et si elle avait été moins conne elle en aurait emporté !!

Encore aujour'hui j'ai toujours du mal lorsque mes amis me disent qu'ils sont partis en "province"... Merci pour l'info, je me sens vachement renseigné. Invariablement je m'entends leur répondre que la province n'est pas un lieu défini : on peut être en province à Calais ou Montpellier, Brest ou Avoriaz.

Je m'engueule aussi (gentillement, je suis un bisounours hein) avec mon coloc à ce sujet. Parce qu'il me dit que mon discours ne tient pas la route dans la mesure où je suis désormais moi aussi un parisien. Je serais passé du côté obscur de la force (déjà que je suis gay, je commence à les cumuler les côtés obscurs...) et donc je ne peux critiquer ma nouvelle "patrie". L'argument n'est pas bête mais je ne suis à Paris que depuis 3 ans alors que j'en ai passé 25 dans le sud...

Lorsque je suis rentré pour les fêtes j'ai repensé à cette discussion. Retardé par un petit contetemps, je profite de cet aléa pour finir mes achats de Noël. Seulement j'ai constaté avec surprise que tous les commerçants de ma petite ville (12 000 habitants l'hiver, le quadruple l'été, c'est pas mal !) avaient fermé boutique. Impensable ! J'ai dû prendre la Clio de Maman (je n'ai pas trouvé de borne vélib' pour mon pass navigo...) pour me rendre au supermarché de la cité voisine afin de trouver mon bonheur... Fermé le dimanche précédent Noël !!!! Je ne devais pourtant pas être le seul à avoir des cadeaux de dernière minute. J'ai dû me rendre à l'évidence : la province ça craint !!

N.B en cherchant une illustration pour ce post, j'ai tapé "province" dans google image... je n'en ai trouvé aucune de pertinente. Alors si même m'sieur Google ne parvient à aucun résultat convenable c'est bien la preuve que ça n'existe pas ! NA !! (voilà pourquoi j'ai choisi Lucky Luke en illustration NDLR)

lundi 10 septembre 2007

L'instant présent

J'ai déjà écrit ce post. En fait j'ai rédigé une page pour raconter mon week-end et j'ai trouvé ça incroyablement chiant ! Je trouvais un peu assomant d'évoquer le film le plus laqué de l'année dont vous avez pu lire les critiques partout - même si j'aime bien la B.O. j'ai toujours "good morning Baltimore" et "You can't stop the beat" en tête - d'évoquer une pièce de théâtre sans intérêt, ou encore la soirée la plus bloggée de la rentrée certes très bien, mais qui a été commentée ici, là, sans oublier sur ce blog et celui-ci et même et j'en oublie sûrement une bonne dizaine ! La seule activité qui aurait pu faire l'objet d'un post intéressant et inédit pour les lecteurs avertis et exigeants est la très belle exposition temporaire au musée d'Orsay mettant en lumière le marchand d’arts Ambroise Vollard qui a fréquenté les plus grands artistes de son temps… Mais j'en parlerai plus en détail une prochaine fois. Pour l'heure j'ai envie de m'attarder sur un événement anodin.


Alors que je rentrais du cinéma dimanche soir, profitant du beau temps je me suis posé place des Vosges à déguster un fallafel, perdu dans mes pensées, à regarder le monde tourner. Une activité que j’affectionne particulièrement (j’ai dû être moine contemplatif dans une autre vie…) En quoi ça consiste me direz vous ? A s'approprier les détails du quotidien, leur rendre toute leur magie. Apprécier le visage radieux d’un enfant qui voit son panorama tendre vers l’infini lorsque son père le prend sur ses épaules, le geste tendre de deux garçons qui se prennent par la main à l'orée du marais, de deux amoureux qui entament un pas de danse dans la rue au rythme de leur ipod qu'ils partagent, ou tout simplement ressentir la brise sur mon visage… Je ne comprend pas les gens qui se noient dans leur quotidien et ferment les yeux sur la beauté simple de l'instant présent. On pourra me rétorquer que je suis jeune en bonne santé, que j'ai une bonne situation ou au moins un travail, patati patata. Là n'est pas la question. Certaines personnes ne savent pas être heureuses apprécier ce que la vie leur apporte. Elles rêvent de lendemain meilleur sans comprendre qu'aujourd'hui est déjà exceptionnel. J'ai parfaitement conscience du nombre de connards qui peuplent cette Terre, et que personne ne va me dérouler un tapis rouge. Mais j'ai encore plus conscience du caractère éphémère de chaque instant, de chaque sentiment. Et je compte bien en profiter ! "la vie est belle et vous êtes comme elle" !! Je vis dans un monde de bisounours, je l'assume et le revendique ;-) et le premier qui me fait une réflexion sur ma candeur, je lui casse sa geule contre le pavé avant de lui broyer chaque doigt en écoutant les phalanges craquer ! hein ? comment ça c'est pas bisounours ? ;-)

vendredi 20 juillet 2007

Nights in Paris

L'été à Paris a toujours été ma saison préférée. J'ai découvert la ville de cette manière. Je montais à la capitale pour mes stages et découvrais la ville désertée par ses autochtones, remplacés avantageusement par des touristes venus du monde entier. L'ambiance est alors indéniablement plus détendue, moins stressante. Mais la ville lumière dispose de nombreux attraits aux bobos débrouillards! Si vous manquez d'idées pour occuper vos soirées estivales, en voici quelques unes :


La parc de la Villette organise chaque année des séances de cinéma en plein air à la programmation alléchante. Je suis allé réviser mes classiques dernièrement, accompagné notamment de bloggeurs de chocs et de charmes (Henrisson et Poulpi pour ne pas les nommer - bon en fait Poulpi a failli venir mais il était "occupé" ailleurs...). Orson Welles a illuminé notre soirée avec son chef -d'oeuvre de 1941 The Magnificent Ambersons, relatant la déchance financière et sentimentale d'une famille de notable d'une petite ville américaine par le prisme d'un jeune homme trop gâté. Mais si l'idée de voir un vieux film en noir & blanc ne vous transporte pas de bonheur, rassurez-vous ! La programmation éclectique du festival devrait vous permettre de trouver votre chef-d'oeuvre... Le film commence à la tombée de la nuit. Alors profitez-en comme nous pour faire pique-niquer avant. Une baguette, du fromage, quelques tomates cerises, une bouteille et le tour est joué ! Et si vous avez oublié votre tire-bouchon tant mieux ! vous pourrez en profiter pour demander à un charmant jeune homme de vous porter secours (elle est pas belle la vie ?)


Le must reste quand même le retour. Depuis quelques jours, Les Vélib' ont envahi la capitale. Un enfant de Scandinavie comme moi, qui a connu des pays où le vélo est roi ne pouvait souscrire à cette événement. J'ai donc couplé à mon abonnement Navigo un abonnement Vélib annuel (pour seulement 29€/an qu'on se le dise !) afin de profiter à fond du procédé. Henrisson aka Huggy les bons tuyaux aka Géo Trouvetou disposant même d'un téléphone permettant de géolocaliser les bornes les plus proches et la disponibilité des vélos, la configuration était optimale pour tenter l'aventure. Nous sommes donc rentré à Vélo de la Villette jusqu'à faidherbe. Et là... Et là... LE PIED !! D'abord le vélo est de qualité. Les trois vitesses permettent de s'adapter à la circulation, Ensuite les bornes ne sont pas - trop - capricieuses (en tout cas pas avec moi, héhé), et enfin la pistes cyclables sont super... quand il y en a. C'est un peu le seul hic, Paris manque encore d'infrastructures pour accueillir les bicyclettes malgré les travaux entrepris sous Delanoe. En revanche, je constate que cette nouvelle population de cyclistes bafouent allègrement le code de la route (rue prises à contre sens, etc) provoquant l'énervement - justifié - des piétons et des voitures. Un peu de civisme que diable !
Si vous êtes tenté mais hésitez à franchir le pas, succombez à la tentation ! Sentir le vent dans ses cheveux en admirant les bâtiments parisiens... c'est trop bien !
Les musées offrent une alternative en cas de mauvais temps. Pour son trentième anniversaire, le centre Pompidou accueille une exposition temporaire Airs de Paris qui s'intéressent aux grandes mutations au sein de la ville, du point de vue architectural, humain, écologique... Les dix chapitres présentés emmènent le visiteur à la rencontre de leurs villes. Celle d'hier, celle d'aujourd'hui, celle de demain. Chaque oeuvre pose une question, mais se garde bien d'imposer une réponse. Quel avenir pour la ville avec le développement des NTIC et de la mondialisation ? Comment circuler en ville ? Quel avenir pour l'écologie urbaine ? Chacun se forge son opinion durant son errance de salle en salle. Une exposition de qualité, à voir absolument.
Quant aux questions relatives à l'écologie urbaine et à la circulation, j'ai tranché. Je suis rentré en Vélib' !!