Matorif

"Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles"
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vendredi 18 juillet 2008

Jardin secret

Des sentiment opposés se heurtent en moi. Indéniablement, je suis bien, heureux comme je ne l'ai pas été depuis longtemps. Une rencontre récente et qui me paraît pourtant déjà si loin tant mes journées paraissent denses en sa compagnie. Une relation naissante dont j'apprécie chaque instant. Et pourtant, même si je l'évoquerai au détour de quelques anecdotes, je prends plaisir à cultiver le jardin secret de notre relation : unique, intense, charnelle...

lundi 12 mai 2008

A contre-temps



Mon corps est ici. Mais mon esprit erre encore là bas... Alors que je marche dans Paris, je remarque une dissonance : moi. En ce lundi après-midi pourtant ensoleillé, les passants battent le pavé d'un tempo oscillant entre allegro et presto. Je souris en les observant. Je suis parfaitement conscient que dans quelques jours, j'aurais repris leur rythme. Ce déphasage momentané me plaît. J'y succombe avec un plaisir non dissimulé. J'ai volontairement revêtu ma parure de vacancier : tongs et pantacourt, comme un défi face à cette pression environnante.

Demain, la vie m'imposera son rythme au refrain tellement connu : métro-boulot-dodo. Mais aujourd'hui, mon esprit est encore sur ce lit suspendu au bord de la mer des caraïbes. Les chiens dorment à côté de moi. Je dois les observer plusieurs secondes avec attention afin de m'assurer qu'ils ne sont pas passés de vie à trépas. La chaleur est tellement harassante qu'ils peuvent passer des heures entières sans bouger, à l'ombre d'un palmier. Je me balance tranquillement en écoutant les vagues mourir sur le rivage. Je prends une poignée de sable et le laisse s'égrener. J'aime cette sensation de mouvement lent comme une caresse dans le creux de ma main. Paris, je t'aime, mais l'espace d'une journée, j'avance à contre-temps.

jeudi 6 mars 2008

Etre romantique


"Etre romantique, c'est ajouter des petits détails à la vie pour en faire un grand truc" *

tout est dit...



* : Claire, interrogée dans Têtu n°130

mardi 5 février 2008

Tu me manques

"Lorsqu'on ne peut pas serrer l'autre dans ses bras, les coups de fils et les lettres ne servent pas à grand chose"...


free music


Pourquoi les mots simples sont les plus difficiles à dire ? Je me perds alors dans les méandres de métaphores à la signification plus obscure qu'une nuit sans lune. Inévitablement les mots s'embrouillent et ne reflètent pas ma pensée. Les messageries instantanées ne remplacent pas la chaleur d'un timbre ni la carresse d'un regard. Les mots sont bruts, acérés. Il est trop tard pour les effacer. Un implacable "historique" en gardera la trace. Je soupçonnais que tu traversais une période difficile, mais j'étais loin d'imaginer la pression que tu subis. Mes interrogations que je pensais pourtant légitimes se sont muées en agressions totalement injustes à tes oreilles. Sans le vouloir j'ai écorné le fragile équilibre d'une relation naissante, traversé la frontière ténue de ton intimité. T'ai-je perdu ce soir ? je l'ignore. As-tu compris que du silence ne peux naître qu'incompréhension, et qu'il suffit parfois de dire les choses ? Je ne te connais pas assez pour deviner tes pensées, mais je regrette de n'avoir pas été davantage clairvoyant.

Dans ce moments là, je ressens le besoin d'écrire. Ce blog me sert de brouillon à un texte qui deviendra peut être une chanson si je parviens à y greffer une mélodie. Mais est-ce que quelqu'un voudrait acheter un album de chansons d'amours qui finissent mal ? (parce que j'en ai déjà quelque unes en stock...)

Matorif - Blue flower 4 ever

N.B. en même temps c'est pas totalement mort, hein ! mais ça donne à ce post un petit côté drama-queen ;-)

jeudi 20 décembre 2007

Le contact

Nos regards se jaugent, nous sommes prêts. C'est le moment. Celui du contact tant redouté et attendu. Nos corps se frôlent, d'abord maladroitement, puis nos gestes mal assurés prennent consistance. En cadence. Un mélange de force et de douceur, de plaisir et de douleur. Une fois le rythme trouvé, le mouvement se fait plus fluide, mais nous restons concentrés, à la recherche de la perfection. Nous accélérons. La sueur commence à perler sur nos visages, la respiration devient haletante. A l'exaltation succède la transpiration puis la satisfaction, le plaisir. Nous nous arrêtons alors afin de reprendre notre souffle...

L'intensité de cette rencontre rend la douche incontournable. Cette pluie vient laver l'amertume de nos corps et nous occtroyer une vigueur nouvelle malgré nos muscles encore tétanisés par l'effort. Renouvellerons nous l'expérience ? peut-être une autre fois. Pour l'heure, il est tard et nous nous rhabillons tranquillement, las, épuisés.


Je repars dans le froid. Pensant à ces sensations qui m'ont parcouru le temps d'une soirée. J'adore mes entraînements de karaté...

lundi 3 décembre 2007

Les mots me manquent

Le métro me ramène tranquillement vers mon chez moi au rythme de ma playlist dans mes oreilles. J'aime les lignes aériennes qui à l'instar du train permettent de s'évader au gré des paysages qui défilent devant les yeux. La musique de Tom MacRae me transporte. Je reviens d'un de ces cockails networking que mon secteur d'activité affectionne tant. On rencontre des gens, serre des mains , projette de déjeuner ensemble. On met en place son réseau qui permettra peut-être d'ouvrir des portes dans un avenir plus incertain. Je ne me suis jamais senti particulièrement à l'aise dans ces ambiances, le caractère superficiel de la relation m'a toujours fatigué, même si je ne pense pas être mauvais dans ce genre d'exercice. Ils s'agit là de connaissances professionnelles pour la plupart. Mes amis sont ailleurs.

Et c'est alors que la musique m'emporte dans ces réflexions que je réalise ma chance. Cette chance de savoir que je peux compter sur ces personnes que les hasards de la vie m'ont fait rencontrer, et apprécier. Chacun tient une place particulière et même s'il est parfois difficile de se voir autant que l'on voudrait, le plaisir est à chaque fois renouvelé. Fêter son anniversaire est alors l'occasion de les réunir. Et là je me sens bien. Entouré de gens que j'aime. Qu'ils aient répondus présents me réchauffe le coeur. Les absents ne manquent pas d'envoyer un texto adorable. Je n'évoque même pas leurs présents au delà du raisonnable (je ne m'en plains pas ! au contraire ! j'ai un peu halluciné quand même...). Nos relations sont au delà des mots. Les facades n'existent pas entre nous, comme cet ami qui se définit allègrement comme une "langue de pute" (très doué au demeurant) alors que je sais pertinemment que même s'il en nie l'existence, possède un coeur d'or.

Je bafouille lamentablement lorsque j'essaie de séduire un garçon qui me plaît. De la même manière, lorsque vient le moment d'exprimer ma gratitude, les mots me manquent. Un "merci" paraît tellement fade comparé à ce que je ressens réellement comme ce "je t'aime" qui sonne si creux comparé à la profondeur de mes sentiments. En amitié comme en amour les mots manquent, mais les regards et la sincérité ne trompent pas.

vendredi 30 novembre 2007

La loi de Mona

Présomptueux. Voilà ce que j'ai été. Pourtant je le savais pertinemment. Mona m'avait prévenu il y a de ça bien longtemps. Elle ne s'adressait pas à moi, elle récitait ce mantra à son copain Mouse. Tous deux sont des personnages bien connus qui ont errés au 28, Barbary lane et hantés mon imaginaire pendant de délicieuses soirées. C'était il y a quelques années déjà. Seulement je n'ai jamais oublié ce mantra, cette loi. J'ai fait fi de cet avertissement et continué mon chemin. L'espace d'un instant j'ai touché l'interdit, atteint l'inatteignable. Réunis les 3 éléments. Celà n'a pourtant duré qu'un instant; trop bref, évidemment.


Tel Orphée, les Dieux m'ont puni me ramenant à la dure réalité. Ce qui m'a été accordé m'a été repris sans égard laissant un vide qu'il me faut désormais combler. Me reconstruire. Une nouvelle fois. Réapprendre à rêver. Combattre le spleen qui s'empare de moi lorsque je repense à cet instant de perfection où j'étais comblé. Un roman ne régie pas une vie. Mais parfois nous sommes obligés de nous incliner devant la pertinence du propos...







La loi de Mona :

"tu peux avoir un appartement génial, un mec sublime, un boulot topissime, mais JAMAIS les trois en même temps"

dimanche 18 novembre 2007

Adieu



Je rentre une nouvelle fois dans cette appartement que je connais si bien. Il s'agit probablement de la dernière fois que je viens ici. De toute façon ce ne sera plus pareil sans toi. Je savais que tu allais me quitter. Un sourire en forme d'excuse lors de notre dernière entrevue. Le temps commence à faire son oeuvre et la douleur s'atténue. Tu laisses un vide bien plus important que tu ne l'imagines. Alors que mon regard s'égare, je repense à ces moments passés ensemble : nos conversations ici même, nos rires dont certains resteront gravés à vie dans ma mémoire, nos silences qui en disaient parfois beaucoup, ton goût immodéré pour le chocolat que tu m'as transmis... De trop nombreux souvenirs submergent déjà mon esprit, alors que je dois commencer ma tâche. La fin d'un cycle dans l'ordre des choses. Je dois désormais apprendre à vivre sans toi. Te rendre fier de moi. Et prendre soin des gens que tu aimes comme tu l'as toujours fait.
Adieu Pap'i.

lundi 8 octobre 2007

Big fish



Parfois, les lames sont plus acérées qu'on pourrait le penser. Tranchantes. Les liens du destin se rompent, la roue de fortune continue de tourner le laissant avec ses souvenirs. Eux aussi s'estomperont un jour. Ainsi que ce poids sur son coeur. Laisser la musique l'envahir est la seule chose qu'il puisse faire pour le moment. Fermer les yeux et s'abandonner à ces mélodies qui font ressurgir les larmes contenues. Et ne pas penser à demain.

lundi 10 septembre 2007

L'instant présent

J'ai déjà écrit ce post. En fait j'ai rédigé une page pour raconter mon week-end et j'ai trouvé ça incroyablement chiant ! Je trouvais un peu assomant d'évoquer le film le plus laqué de l'année dont vous avez pu lire les critiques partout - même si j'aime bien la B.O. j'ai toujours "good morning Baltimore" et "You can't stop the beat" en tête - d'évoquer une pièce de théâtre sans intérêt, ou encore la soirée la plus bloggée de la rentrée certes très bien, mais qui a été commentée ici, là, sans oublier sur ce blog et celui-ci et même et j'en oublie sûrement une bonne dizaine ! La seule activité qui aurait pu faire l'objet d'un post intéressant et inédit pour les lecteurs avertis et exigeants est la très belle exposition temporaire au musée d'Orsay mettant en lumière le marchand d’arts Ambroise Vollard qui a fréquenté les plus grands artistes de son temps… Mais j'en parlerai plus en détail une prochaine fois. Pour l'heure j'ai envie de m'attarder sur un événement anodin.


Alors que je rentrais du cinéma dimanche soir, profitant du beau temps je me suis posé place des Vosges à déguster un fallafel, perdu dans mes pensées, à regarder le monde tourner. Une activité que j’affectionne particulièrement (j’ai dû être moine contemplatif dans une autre vie…) En quoi ça consiste me direz vous ? A s'approprier les détails du quotidien, leur rendre toute leur magie. Apprécier le visage radieux d’un enfant qui voit son panorama tendre vers l’infini lorsque son père le prend sur ses épaules, le geste tendre de deux garçons qui se prennent par la main à l'orée du marais, de deux amoureux qui entament un pas de danse dans la rue au rythme de leur ipod qu'ils partagent, ou tout simplement ressentir la brise sur mon visage… Je ne comprend pas les gens qui se noient dans leur quotidien et ferment les yeux sur la beauté simple de l'instant présent. On pourra me rétorquer que je suis jeune en bonne santé, que j'ai une bonne situation ou au moins un travail, patati patata. Là n'est pas la question. Certaines personnes ne savent pas être heureuses apprécier ce que la vie leur apporte. Elles rêvent de lendemain meilleur sans comprendre qu'aujourd'hui est déjà exceptionnel. J'ai parfaitement conscience du nombre de connards qui peuplent cette Terre, et que personne ne va me dérouler un tapis rouge. Mais j'ai encore plus conscience du caractère éphémère de chaque instant, de chaque sentiment. Et je compte bien en profiter ! "la vie est belle et vous êtes comme elle" !! Je vis dans un monde de bisounours, je l'assume et le revendique ;-) et le premier qui me fait une réflexion sur ma candeur, je lui casse sa geule contre le pavé avant de lui broyer chaque doigt en écoutant les phalanges craquer ! hein ? comment ça c'est pas bisounours ? ;-)

jeudi 9 août 2007

Coming out of the closet

Le coming-out. Ce moment où l'on se décide à déclarer à ses proches que l'on préfère les personnes du même sexe que soi... Un mauvais quart d'heure, une épreuve, un calvaire ou au contraire une simple formalité pour les plus chanceux, mais une étape obligatoire afin de s'assumer. C'est un événement difficile à concevoir pour des hétéros (malgré les efforts de nos ami(e)s pour l'imaginer). Eux n'ont pas déclarer leur hétérosexualité (j'emploie volontairement le mot déclarer à la place d'avouer qui pour moi comporte une connotation péjorative qui m'insupporte...). Imaginez ce que celà pourrait donner d'inverser la donne :



Mais on en est pas encore là !! En écrivant ces lignes je repense à l'un des films - à thématique gay - qui m'a le plus marqué durant mon adolescence : Get real (en français comme un garçon). le coming-out de Ben Silverstone m'avait fait chialer à l'époque et le ferait sûrement encore aujourd'hui. : "Je suis un élève de ce lycée. J'ai 16 ans et je suis homosexuel. Quelqu'un a écrit sur la véritable vie d'un être n'était pas celle qu'il avait mené. J'aimerais pouvoir mener ma vraie vie. Si j'écris cet article c'est parce que je suis en colère et parce que je veux vous faire bien comprendre à vous tous, parents, que supposer que vos enfants sont hétérosexuels peuvent leur causer beaucoup de souffrance."


J'ai la chance d'avoir des amis géniaux, et une famille adorable. Mais l'appréhension, la peur du rejet a été une donnée inhérente à mon adolescence. Je l'évoque facilement aujourd'hui car avec le recul je me suis rendu compte qu'il ne s'agissait - dans mon cas, mais finalement peut-être celui de beaucoup d'autres - que d'une crainte irrationnelle engendrée par notre société hétérocentrée. Le croquemitaine n'était plus caché sous mon lit près à me dévorer si je ne me blotissais pas sous ma couette, il était en moi, rongeant mes velléités d'émancipation. Il est absurde de penser que les gens vont vous rejeter. Ils rejettent l'idée de l'homosexualité parce qu'on leur a appris à raisonner de cette manière. Mais qui sont ces gens ? vos pères, vos mères, vos frères et soeurs, vos ami(e)s qui vous apprécient pour ce que vous êtes, pour vos qualités et aussi - et peut-être même surtout - pour vos défauts. Et il est inutile d'attendre le moment idéal, il n'existe pas ! Après certaines manières de présenter les choses sont plus... comment dire... habiles que d'autres :



Le but de ce post n'était au départ que de présenter ces deux pubs, et me voilà parti dans une théorie fumeuse sur le coming out. Voici sans doute mon post le plus personnel depuis que j'ai créé ce blog... mais parfois l'esprit s'emballe et les doigts sur le clavier ne font que suivre.

"Ne changez surtout pas ce que l'on vous reproche, car c'est vous" (Jean Cocteau)